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Apollo 13

17 Avril 1970
Lancés le 11 avril 1970, les 3 rescapés de la mission "Apollo XIII" ont amerri sains et saufs dans l'Océan Pacifique. C'est la fin d'un terrible suspens qui a transformé l'échec d'une mission scientifique en un exploit humain. C'était pourtant un vol "de routine" (qui n'intéressait même plus les médias) pour les trois astronautes américains:
J. Lovell, Fred W. Haise et John L. Swigert. Mais l'explosion soudaine d'un réservoir d'oxygène le 13 avril à près de 300.000 kms de
Commençait alors un périlleux retour qui a tenu le Monde entier en haleine : après avoir allumé le moteur de descente du LM pour reprendre une trajectoire de retour libre (c'est à dire, au cas présent, faire le tour de
Après de nombreuses péripéties, le plus fantastique sauvetage de l'histoire s'est heureusement bien terminé. La capsule amerrit sans encombre dans l'Océan Pacifique, près des îles Samoa le 17 avril à 13 h 07 (heure de la côte Est des Etats-Unis).
On déterminera que l'explosion a été la conséquence d'une suite d'événements provoquant l'inflammation de l'isolant d'un fil électrique dans l'un des réservoirs d'oxygène liquide du CSM (le numéro 2, cf. ci-dessous les causes de l'explosion). Cette inflammation a eu lieu alors qu'un ventilateur auquel le fil était connecté se mettait en route pour agiter l'oxygène liquide à l'intérieur du réservoir.
Le terme "d'échec réussi" fait son apparition : échec de la mission lunaire (d'un coût de 375 millions de dollars), réussite car l'équipage a pu être récupéré sain et sauf.
Le président Nixon a déclaré que cet accident ne provoquerait pas de suspension du programme spatial américain. Néanmoins, il faudra attendre plus de huit mois pour que Pendant leur périlleux retour sur Terre, peu avant leur rentrée dans l'atmosphère, l'astronaute Jack Swigert a été obsédé par un véritable scénario de cauchemar. Il se voyait dans le module de commande, actionnant par erreur le bouton nommé "LARG LEM" (largage du module lunaire) alors que ses compatriotes s'y trouvaient toujours (en lieu et place du largage du module de service -bouton nommé "LARG SM"- devenu inutile). Dans son cauchemar, Swigert entendait le déclic sourd des douze courroies arrimant Aquarius qui se détachaient. En bas, par la nouvelle issue béante, il voyait Lovell et Haise flotter dans le LEM qui le regardaient avec horreur et incompréhension. La dernière image qui parvenait à l'astronaute à l'agonie, avant que le reste de l'oxygène respirable ne se fut déversé dans l'espace était la danse du module lunaire qui s'éloignait rapidement. Pour être sur de ne pas se tromper le moment venu, il scotcha un bout de papier avec le mot "NO" (NON) sur le bouton "LARG LEM". Enfin, pour être vraiment sûr de ne pas avoir commis d'erreur, il appela même Haise et lui demanda de regarder le bout de papier. Un peu étonné, Haise confirma que oui, il était placé au bon endroit. 17 avril 1970 : sachant les astronautes d'Apollo 13 sains et saufs à bord du porte-hélicoptères "Iwo-Jima", la société Grumann de Bethpage (fabricant du LM) adresse à la société North American Rockwell de Downey (fabricant des modules de commande et de service) une facture (n° 70-417) d'un montant de 417.421,74 $ pour frais de remorquage dans l'espace, fournitures diverses (oxygène, électricité) et hébergement de trois personnes. La farce n'a, semble-t-il, pas été du goût des dirigeants de North American Rockwell. Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de Les passionnés du programme Apollo connaissent sans aucun doute le film de Ron Howard, "Apollo 13" (avec Tom Hanks, Kevin Beacon, Ed Harris, Gary Sinise, pour ne citer que les acteurs principaux). Mais peut-être ne savent-ils pas tous que Jim Lovell lui-même y tient un petit rôle : c'est le commandant du porte-hélicoptère Iwo Jima (chargé de la récupération de la capsule) que l'acteur Tom Hanks (dans le rôle de Jim Lovell) salue à la fin du film.
Voici les conclusions de la commission qui a enquêté sur les causes de l'explosion du réservoir d'oxygène du module de service d'Apollo 13. Pour ce faire, elle reconstitua la longue histoire de la construction de ce réservoir, grâce aux documents relatifs aux différents contrôles qualité conservés par le constructeur et 1. le réservoir en cause a été construit en 1965 par 2. les futurs réservoirs d'Apollo 13 ont été expédiés en mars 1968 (avec les rupteurs calibrés à 28 Volts) à l'usine North American de Downey en Californie pour être installés sur un support métallique puis montés initialement sur le module de service d'Apollo 10. Mais il fut décidé ultérieurement de les démonter et de les remplacer par de nouveaux réservoirs cryogéniques à la conception améliorée (le but étant de modifier aussi les anciens réservoirs en les adaptant au nouveau standard). Au cours du démontage de ce qui allait devenir plus tard le réservoir d'oxygène n° 2 d'Apollo 13, les techniciens oublièrent d'enlever un des boulons de fixation du cadre-support, ce qui fait que la grue utilisée pour cette opération glissa au moment du levage, faisant violemment retomber le cadre (avec ses réservoirs) par terre. Après un démontage correct et une vérification des réservoirs qui ne releva aucune anomalie, 3. deux semaines avant le lancement de la mission Apollo 13, il a été exécuté au sol, comme pour toute mission Apollo, un test dit du "compte à rebours" (dans le but de permettre à l'équipage ainsi qu'aux équipes au sol de répéter l'ensemble des étapes jusqu'à l'allumage effectif de la fusée Saturn). C'était une répétition assez proche de la réalité, puisque qu'on mettait entre autre les réservoirs cryogéniques sous pression. A la fin de cette simulation, tous les réservoirs étaient bien entendu vidangés. Tout s'était bien passé pour les deux réservoirs d'hydrogène ainsi que le réservoir d'oxygène n° 1. Mais le réservoir d'oxygène n° 2 ne laissa sortir que 8% des Tous les éléments étaient en place pour ce qui a failli devenir une tragédie : dix-sept jours plus tard et à
Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de