Apollo 15
26 juillet 1971
Apollo 15 (AS-510) est lancé à 9 h 34 du matin avec à bord les astronautes David Scott, Alfred Worden et James Irwin. Le voyage jusqu'à la Lune se passe sans encombre. Le 30 juillet à 16 h 16, le LM (Falcon) alunit dans la région Hadley-Apennins, à 600 mètres du point initialement prévu. Pour les trois sorties extravéhiculaires programmées, Scott et Irwin disposent d'un nouveau moyen de déplacement : le LRV ("Lunar Roving Véhicle"), sorte de jeep lunaire, d'un poids à vide de 207 kgs, d'une largeur de 1,8 mètres et d'une longueur de 3 mètres, capable de parcourir environ 65 kilomètres sur le sol lunaire grâce à deux batteries de 36 volts chacune. Le poids en ordre de marche est de 360 kgs environ ; chacune des quatre roues du LRV est mue par un moteur électrique indépendant. A leur première sortie, les roues motrices avant refuseront toutefois de fonctionner, mais inexplicablement tout rentrera dans l'ordre pour les deuxième et troisième "ballades". La collecte d'échantillons lunaires s'avérera fructueuse puisque les deux hommes auront la chance de découvrir une roche provenant du manteau originaire de la Lune (répertoriée sous le numéro 15415, mais qui deviendra mondialement célèbre sous le nom de "roche de
Les trois sorties dureront au total 18 heures et 18 minutes pendant lesquelles Scott et Irwin s'éloigneront de plus de cinq kilomètres (à vol d'oiseau) du LM. Pendant ce temps, leur collègue Worden effectuera 34 révolutions lunaires à bord du CSM (Endeavour). Des images de bonne qualité ont pu être retransmises en couleur par la télévision sur Terre, notamment au moyen d'une caméra embarquée à bord de la jeep. L'envol des astronautes de
A la fin de leur séjour lunaire et devant la caméra de la Rover, l'astronaute Scott vérifia la théorie de Galilée sur la chute des corps dans le vide. A cette fin, il avait emporté une plume de faucon (en hommage au nom donné à leur LEM : "Falcon") qu'il prit dans sa main gauche. Dans la droite, il tenait un marteau. Il lâcha les deux objets en même temps, qui tombèrent tous deux simultanément sur le sol lunaire.
4 heures avant leur départ de la Lune, Scott éloigna la jeep lunaire de quelques centaines de mètres puis posa sur son tableau de bord une petite Bible. Puis, en revenant vers le LM, il déposa encore sur le sol lunaire une petite plaque portant le nom des quatorze hommes (astronautes américains et cosmonautes russes) morts pour la cause spatiale. A côté de cette plaque, il plaça encore une petite figurine en aluminium, représentant de façon stylisée un astronaute tombé à terre.
L'équipage d'Apollo 15 avait rapporté le plus vieil échantillon lunaire jamais trouvé jusque là (cf. photo ci-dessous). Cet échantillon (de l'anorthosite), numéroté 15415, d'un poids de 270 grammes, était âgé de 4,1 milliards d'années (à plus ou moins 100 millions d'années). Les journalistes l'appelèrent rapidement "la roche de la Genèse" (Genesis Rock), mais cette appellation est inexacte car la Lune est en fait encore plus âgée que l'échantillon trouvé.
En 1972, la presse a découvert que Dave Scott, Al Worden et Jim Irwin avaient emporté dans leurs bagages personnels 440 articles de philatélie (surtout des enveloppes timbrées commémoratives). Le problème était que ces articles n'avaient pas été autorisés par
Toutefois, le record du plus vieil échantillon lunaire ramené sur Terre est revenu à l'équipage d'Apollo 17 (c'était de l'olivine pure, datée à 4,5 milliards d'années, à plus ou moins 100 millions d'années).
Apollo 14
31 Janvier 1971
Après l'échec subi par la mission "Apollo XIII", la NASA vient de renouer avec le succès.
Apollo 14 (AS-509) décolle à 16 h 03 après un report de 40 minutes en raison de mauvaises conditions météo (le souvenir du lancement d'Apollo 12 en plein orage est encore frais dans les mémoires) avec, à son bord, les astronautes :
Alan B. Shepard, Edgar D. Mitchell et Stuart A. Roosa. L'insertion en orbite terrestre ainsi que l'injection translunaire se déroulent parfaitement bien. Toutefois, l'arrimage du CSM ("Kitty Hawk") avec le LM ("Antares") pose problème, obligeant le pilote du module de commande (Roosa) à s'y reprendre à six fois (et de façon assez violente) pour capturer Antares. Ni l'équipage ni le personnel à terre ne trouveront d'explications à ce problème, mais comme il n'existe aucun signe ou indication laissant à penser qu'un système est défaillant, Houston décide de poursuivre la mission.
Apollo 14 entre en orbite lunaire le 4 février à 01 h 55 du matin. Antares alunit près du cratère Fra Mauro le 5 février à 16 h 17, à environ 15 mètres du point prévu. Shepard et Mitchell ont effectué deux longues "promenades lunaires", respectivement de 4 heures 24 minutes et 4 heures et 48 minutes. Outre le déploiement des instruments scientifiques, plus de 40 kgs d'échantillons lunaires ont été collecté. Les deux hommes avaient pour la première fois à leur disposition un petit véhicule, à bord duquel ils ont pu transporter ces échantillons ainsi que les outils et instruments dont ils avaient besoin :
Le MET (Mobile Equipment Transporter, sorte de brouette que les astronautes avaient baptisé du sobriquet peu élégant de "pousse-pousse lunaire" ; cet engin ne donna d'ailleurs pas satisfaction). Après neuf jours de mission, la capsule amerrit sans problème dans le Pacifique, le 9 février à 16 h 05.
Comme les hommes d'Apollo 11 et 12 qui les avaient précédé, l'équipage restera en quarantaine, ce jusqu'au 26 février. Toutefois, après cette mission, les scientifiques de la NASA décideront qu'une mise en quarantaine des astronautes de retour de la lune n'est plus nécessaire.
Après l'échec de l'alunissage d'Apollo 13, celui d'Apollo 14 aurait pu se solder par un autre type de catastrophe beaucoup plus humiliante cette fois!!! Après la séparation du module lunaire Antarès, Schepard et Mitchell procédèrent à la descente vers Fra Mauro lorsque... le voyant jaune ''ABORT'' s'alluma sans l'intervention de quiconque. Ce fut la stupeur et l'incompréhension la plus totale. Houston prenant soin de confirmer que ce n’est pas un membre d'équipage qui l'ait actionné par erreur bien sûr et ce n'était pas le cas. Le centre de contrôle demanda aux deux astronautes de tapoter sur leur console et le voyant s'éteignit. Mais le problème ne s'en trouvant pas moins réglé pour autant! Le centre de contrôle s'empressa de réveiller un de ses spécialistes en problèmes informatiques! Ils disposaient de 47 minutes pour empêcher une éventuelle interruption de descente. Ce dernier retransmit une série de données à l'équipage qui s'exécuta à reprogrammer l'ordinateur du LEM qui devait être suivi d'une procédure pour l'initialisation de la descente en vue de l'alunissage qui eu lieu sans encombre.
A la fin de la mission lunaire, Alan Shepard, commandant de bord, se prit à jouer au golf sur la Lune, au plus grand étonnement des contrôleurs de Houston. Pour ce faire, il avait emporté un véritable fer de golf qu'il fixa à l'extrémité du manche de son collecteur destiné à ramasser des échantillons. Il joua avec deux véritables balles de golf. Si le premier coup envoya une balle à seulement trente mètres, sa deuxième tentative fut plus chanceuse, mais on ne sut jamais à quelle distance fut envoyée la balle : deux cent mètres, quatre cent mètres, ou davantage. La controverse dura plusieurs années. Le coup médiatique fut en revanche désastreux pour la NASA : en effet, les détracteurs du programme Apollo purent tout à loisirs critiquer le coût engendré pour simplement envoyer un homme jouer au golf sur la Lune.
Première phrase du commandant Alan Shepard lorsqu'il posa le pied sur
Lors de la manoeuvre séparation 3è étage retournement arrimage au LEM, Stuart Roosa, pilote du MC, ne parvint à attraper le LEM "Antarès" qu'à la 3è reprise : les 2 fois précédentes, les crochets n'ont pas cliqué sur l'extrémité d'"Antarès" et aucun voyant ne s'était allumé. Il s'en est fallu de peu, déjà et une fois de +, qu'une mission Apollo soit encore annulée, et ils pensaient qu'une saleté avait coincé ces crochets. Mais Shepard ordonna à Roosa de réessayer, et il a bien fait puisque cette 3è tentative était la bonne.
Après quelques très vagues missions scientifiques qui ont pour objet principal de ramasser quelques pierres dans le bunker géant qu’est
Edgard Mitchell, pilote du module lunaire d'Apollo 14, était passionné par les recherches sur la perception extrasensorielle. Pendant son séjour sur la Lune, il a mené une expérience secrète et donc non autorisée avec un de ses amis qui se trouvait à Chicago. L'histoire ne dit pas quels en ont été les résultats.
Il semble en fait qu'il ait tenté cette expérience (se concentrer sur les symboles généralement utilisés dans les expériences de perception extrasensorielle : le cercle, le carré, les lignes ondulées, la croix, l'étoile, pendant que quatre personnes sur
Première découverte d'une planète habitable hors du système solaire
PARIS (AFP) - Une planète "de type terrestre habitable", capable d'abriter une vie extra-terrestre, a été détectée pour la première fois par une équipe d'astronomes dans un système planétaire extrasolaire, selon une étude à paraître jeudi dans la revue Astronomy and Astrophysics.
Cette exo planète, qui orbite autour de l’étoile Gliese 581 (Gl 581) à 20,5 années-lumière de notre planète, est la première et la plus légère des quelque 200 connues à ce jour à "posséder à la fois une surface solide ou liquide et une température proche de celle de
Simulation
Elle rassemble donc les caractéristiques "permettant d’imaginer l’existence d’une éventuelle vie extra-terrestre", a souligné dans un communiqué le Centre national de
La température moyenne de cette "super Terre, est comprise entre 0 et 40 degrés Celsius, ce qui autorise la présence d'eau liquide à sa surface", selon le principal auteur de l'étude, Stéphane Udry (Genève).
Par ailleurs, a-t-il ajouté, "son rayon serait 1,5 fois celui de
La gravité à sa surface est 2,2 fois celle à la surface de
Découverte avec le télescope "Harps" de
Gl 581, une étoile naine rouge dont la masse est de moins du tiers de celle du Soleil, est une des 100 étoiles les plus proches de notre système solaire. De très faible masse, les naines rouges sont des cibles privilégiées pour la recherche de planètes habitables. En effet comme elles sont relativement peu lumineuses, leurs planètes habitables orbitent près d'elles et sont donc plus facilement détectables.
En raison de sa température et de sa relative proximité (de
Une première exo planète avait été détectée autour de Gl 581 par la même équipe d'astronomes il y a deux ans. Sa masse - 15 fois celle de
Les découvreurs de la "super Terre" ont également observé une troisième planète autour de Gl 581. D'une masse huit fois supérieure à
Etant donné les résultats obtenus jusqu'à présent avec l'instrument Harps (High Accuracy Radial Velocity for Planetary Searcher), "trouver une planète de la masse de
ESO (Informations de l'Observatoire spatial européen (en anglais) )
CNRS (Informations du Centre national français de la recherche scientifique)
Apollo 13
17 Avril 1970
Lancés le 11 avril 1970, les 3 rescapés de la mission "Apollo XIII" ont amerri sains et saufs dans l'Océan Pacifique. C'est la fin d'un terrible suspens qui a transformé l'échec d'une mission scientifique en un exploit humain. C'était pourtant un vol "de routine" (qui n'intéressait même plus les médias) pour les trois astronautes américains:
J. Lovell, Fred W. Haise et John L. Swigert. Mais l'explosion soudaine d'un réservoir d'oxygène le 13 avril à près de 300.000 kms de
Commençait alors un périlleux retour qui a tenu le Monde entier en haleine : après avoir allumé le moteur de descente du LM pour reprendre une trajectoire de retour libre (c'est à dire, au cas présent, faire le tour de
Après de nombreuses péripéties, le plus fantastique sauvetage de l'histoire s'est heureusement bien terminé. La capsule amerrit sans encombre dans l'Océan Pacifique, près des îles Samoa le 17 avril à 13 h 07 (heure de la côte Est des Etats-Unis).
On déterminera que l'explosion a été la conséquence d'une suite d'événements provoquant l'inflammation de l'isolant d'un fil électrique dans l'un des réservoirs d'oxygène liquide du CSM (le numéro 2, cf. ci-dessous les causes de l'explosion). Cette inflammation a eu lieu alors qu'un ventilateur auquel le fil était connecté se mettait en route pour agiter l'oxygène liquide à l'intérieur du réservoir.
Le terme "d'échec réussi" fait son apparition : échec de la mission lunaire (d'un coût de 375 millions de dollars), réussite car l'équipage a pu être récupéré sain et sauf.
Le président Nixon a déclaré que cet accident ne provoquerait pas de suspension du programme spatial américain. Néanmoins, il faudra attendre plus de huit mois pour que
Pendant leur périlleux retour sur Terre, peu avant leur rentrée dans l'atmosphère, l'astronaute Jack Swigert a été obsédé par un véritable scénario de cauchemar. Il se voyait dans le module de commande, actionnant par erreur le bouton nommé "LARG LEM" (largage du module lunaire) alors que ses compatriotes s'y trouvaient toujours (en lieu et place du largage du module de service -bouton nommé "LARG SM"- devenu inutile). Dans son cauchemar, Swigert entendait le déclic sourd des douze courroies arrimant Aquarius qui se détachaient. En bas, par la nouvelle issue béante, il voyait Lovell et Haise flotter dans le LEM qui le regardaient avec horreur et incompréhension. La dernière image qui parvenait à l'astronaute à l'agonie, avant que le reste de l'oxygène respirable ne se fut déversé dans l'espace était la danse du module lunaire qui s'éloignait rapidement. Pour être sur de ne pas se tromper le moment venu, il scotcha un bout de papier avec le mot "NO" (NON) sur le bouton "LARG LEM". Enfin, pour être vraiment sûr de ne pas avoir commis d'erreur, il appela même Haise et lui demanda de regarder le bout de papier. Un peu étonné, Haise confirma que oui, il était placé au bon endroit. 17 avril 1970 : sachant les astronautes d'Apollo 13 sains et saufs à bord du porte-hélicoptères "Iwo-Jima", la société Grumann de Bethpage (fabricant du LM) adresse à la société North American Rockwell de Downey (fabricant des modules de commande et de service) une facture (n° 70-417) d'un montant de 417.421,74 $ pour frais de remorquage dans l'espace, fournitures diverses (oxygène, électricité) et hébergement de trois personnes. La farce n'a, semble-t-il, pas été du goût des dirigeants de North American Rockwell. Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de
Les passionnés du programme Apollo connaissent sans aucun doute le film de Ron Howard, "Apollo 13" (avec Tom Hanks, Kevin Beacon, Ed Harris, Gary Sinise, pour ne citer que les acteurs principaux). Mais peut-être ne savent-ils pas tous que Jim Lovell lui-même y tient un petit rôle : c'est le commandant du porte-hélicoptère Iwo Jima (chargé de la récupération de la capsule) que l'acteur Tom Hanks (dans le rôle de Jim Lovell) salue à la fin du film.
Voici les conclusions de la commission qui a enquêté sur les causes de l'explosion du réservoir d'oxygène du module de service d'Apollo 13. Pour ce faire, elle reconstitua la longue histoire de la construction de ce réservoir, grâce aux documents relatifs aux différents contrôles qualité conservés par le constructeur et
1. le réservoir en cause a été construit en 1965 par
2. les futurs réservoirs d'Apollo 13 ont été expédiés en mars 1968 (avec les rupteurs calibrés à 28 Volts) à l'usine North American de Downey en Californie pour être installés sur un support métallique puis montés initialement sur le module de service d'Apollo 10. Mais il fut décidé ultérieurement de les démonter et de les remplacer par de nouveaux réservoirs cryogéniques à la conception améliorée (le but étant de modifier aussi les anciens réservoirs en les adaptant au nouveau standard). Au cours du démontage de ce qui allait devenir plus tard le réservoir d'oxygène n° 2 d'Apollo 13, les techniciens oublièrent d'enlever un des boulons de fixation du cadre-support, ce qui fait que la grue utilisée pour cette opération glissa au moment du levage, faisant violemment retomber le cadre (avec ses réservoirs) par terre. Après un démontage correct et une vérification des réservoirs qui ne releva aucune anomalie,
3. deux semaines avant le lancement de la mission Apollo 13, il a été exécuté au sol, comme pour toute mission Apollo, un test dit du "compte à rebours" (dans le but de permettre à l'équipage ainsi qu'aux équipes au sol de répéter l'ensemble des étapes jusqu'à l'allumage effectif de la fusée Saturn). C'était une répétition assez proche de la réalité, puisque qu'on mettait entre autre les réservoirs cryogéniques sous pression. A la fin de cette simulation, tous les réservoirs étaient bien entendu vidangés. Tout s'était bien passé pour les deux réservoirs d'hydrogène ainsi que le réservoir d'oxygène n° 1. Mais le réservoir d'oxygène n° 2 ne laissa sortir que 8% des Tous les éléments étaient en place pour ce qui a failli devenir une tragédie : dix-sept jours plus tard et à
Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de
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