Présentation

Images Aléatoires

Syndication

  • Flux RSS des articles

Texte Libre

espace

Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /2007 13:44
- Par elwood - Publié dans : espace

Apollo 15

 

26 juillet 1971

Apollo 15 (AS-510) est lancé à 9 h 34 du matin avec à bord les astronautes David Scott, Alfred Worden et James Irwin. Le voyage jusqu'à la Lune se passe sans encombre. Le 30 juillet à 16 h 16, le LM (Falcon) alunit dans la région Hadley-Apennins, à 600 mètres du point initialement prévu. Pour les trois sorties extravéhiculaires programmées, Scott et Irwin disposent d'un nouveau moyen de déplacement : le LRV ("Lunar Roving Véhicle"), sorte de jeep lunaire, d'un poids à vide de 207 kgs, d'une largeur de 1,8 mètres et d'une longueur de 3 mètres, capable de parcourir environ 65 kilomètres sur le sol lunaire grâce à deux batteries de 36 volts chacune. Le poids en ordre de marche est de 360 kgs environ ; chacune des quatre roues du LRV est mue par un moteur électrique indépendant. A leur première sortie, les roues motrices avant refuseront toutefois de fonctionner, mais inexplicablement tout rentrera dans l'ordre pour les deuxième et troisième "ballades". La collecte d'échantillons lunaires s'avérera fructueuse puisque les deux hommes auront la chance de découvrir une roche provenant du manteau originaire de la Lune (répertoriée sous le numéro 15415, mais qui deviendra mondialement célèbre sous le nom de "roche de la Genèse ").

Les trois sorties dureront au total 18 heures et 18 minutes pendant lesquelles Scott et Irwin s'éloigneront de plus de cinq kilomètres (à vol d'oiseau) du LM. Pendant ce temps, leur collègue Worden effectuera 34 révolutions lunaires à bord du CSM (Endeavour). Des images de bonne qualité ont pu être retransmises en couleur par la télévision sur Terre, notamment au moyen d'une caméra embarquée à bord de la jeep. L'envol des astronautes de la Lune a également été filmé (pour la première fois) par cette même caméra laissée derrière eux. Le retour d'Apollo 15 s'effectue le 7 août à 16 h 47, à 530 kilomètres des îles Hawaï. Un des trois parachutes (destinés à freiner la capsule jusqu'à l'amerrissage) se met en torche mais le plongeon dans l'Océan Pacifique ainsi que la récupération se passeront sans problème.

A la fin de leur séjour lunaire et devant la caméra de la Rover, l'astronaute Scott vérifia la théorie de Galilée sur la chute des corps dans le vide. A cette fin, il avait emporté une plume de faucon (en hommage au nom donné à leur LEM : "Falcon") qu'il prit dans sa main gauche. Dans la droite, il tenait un marteau. Il lâcha les deux objets en même temps, qui tombèrent tous deux simultanément sur le sol lunaire.

 

4 heures avant leur départ de la Lune, Scott éloigna la jeep lunaire de quelques centaines de mètres puis posa sur son tableau de bord une petite Bible. Puis, en revenant vers le LM, il déposa encore sur le sol lunaire une petite plaque portant le nom des quatorze hommes (astronautes américains et cosmonautes russes) morts pour la cause spatiale. A côté de cette plaque, il plaça encore une petite figurine en aluminium, représentant de façon stylisée un astronaute tombé à terre.

 

L'équipage d'Apollo 15 avait rapporté le plus vieil échantillon lunaire jamais trouvé jusque là (cf. photo ci-dessous). Cet échantillon (de l'anorthosite), numéroté 15415, d'un poids de 270 grammes, était âgé de 4,1 milliards d'années (à plus ou moins 100 millions d'années). Les journalistes l'appelèrent rapidement "la roche de la Genèse" (Genesis Rock), mais cette appellation est inexacte car la Lune est en fait encore plus âgée que l'échantillon trouvé.

 

Toutefois, le record du plus vieil échantillon lunaire ramené sur Terre est revenu à l'équipage d'Apollo 17 (c'était de l'olivine pure, datée à 4,5 milliards d'années, à plus ou moins 100 millions d'années).

 

En 1972, la presse a découvert que Dave Scott, Al Worden et Jim Irwin avaient emporté dans leurs bagages personnels 440 articles de philatélie (surtout des enveloppes timbrées commémoratives). Le problème était que ces articles n'avaient pas été autorisés par la NASA. D'autant plus que ces articles venaient en plus des 200 articles de philatélie officiels embarqués par la NASA à bord d'Apollo 15. Les trois astronautes avaient, à leur retour, vendu ces articles non officiels. Le profit devait revenir à leurs enfants. Même si selon leurs dires, ils n'en tiraient pas de profits personnels, il va sans dire qu'une telle transaction était strictement interdite par la NASA. Après la fin de la mission Apollo 15, les trois astronautes furent punis par l'Air Force (dont ils étaient tous membres) et furent retirés du cadre actif des astronautes. Jim Irwin démissionna et commença une carrière religieuse. Scott et Worden restèrent à la NASA à des postes administratifs. Il y eut bien sûr une audition à une commission du sénat américain et la NASA dut vérifier les contrats de tous les astronautes actifs. Il est apparu qu'un revendeur allemand, ayant participé à la transaction des articles de philatélie non officiels d'Apollo 15, avait, en outre, proposé une forte somme d'argent (on cite 2500 $ de l'époque) à chaque astronaute du programme Apollo pour qu'il signe un bloc d'enveloppes. Certains acceptèrent, dont Jack Swigert. L'erreur qu'il commit fut d'abord de nier son implication, avant de l'admettre. Avec tout le tapage autour de cette affaire, Georges Low (responsable du programme Apollo au Johnson Space Center à Houston) lui-même ne laissa pas passer cette erreur et le vira du vol ASTP.

 

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /2007 13:05
- Par elwood - Publié dans : espace

Apollo 14

 

31 Janvier 1971

Après l'échec subi par la mission "Apollo XIII", la NASA vient de renouer avec le succès.
Apollo 14 (AS-509) décolle à 16 h 03 après un report de 40 minutes en raison de mauvaises conditions météo (le souvenir du lancement d'Apollo 12 en plein orage est encore frais dans les mémoires) avec, à son bord, les astronautes :

 

Alan B. Shepard, Edgar D. Mitchell et Stuart A. Roosa. L'insertion en orbite terrestre ainsi que l'injection translunaire se déroulent parfaitement bien. Toutefois, l'arrimage du CSM ("Kitty Hawk") avec le LM ("Antares") pose problème, obligeant le pilote du module de commande (Roosa) à s'y reprendre à six fois (et de façon assez violente) pour capturer Antares. Ni l'équipage ni le personnel à terre ne trouveront d'explications à ce problème, mais comme il n'existe aucun signe ou indication laissant à penser qu'un système est défaillant, Houston décide de poursuivre la mission.

 

Apollo 14 entre en orbite lunaire le 4 février à 01 h 55 du matin. Antares alunit près du cratère Fra Mauro le 5 février à 16 h 17, à environ 15 mètres du point prévu. Shepard et Mitchell ont effectué deux longues "promenades lunaires", respectivement de 4 heures 24 minutes et 4 heures et 48 minutes. Outre le déploiement des instruments scientifiques, plus de 40 kgs d'échantillons lunaires ont été collecté. Les deux hommes avaient pour la première fois à leur disposition un petit véhicule, à bord duquel ils ont pu transporter ces échantillons ainsi que les outils et instruments dont ils avaient besoin :

 

Le MET (Mobile Equipment Transporter, sorte de brouette que les astronautes avaient baptisé du sobriquet peu élégant de "pousse-pousse lunaire" ; cet engin ne donna d'ailleurs pas satisfaction). Après neuf jours de mission, la capsule amerrit sans problème dans le Pacifique, le 9 février à 16 h 05.

 

Comme les hommes d'Apollo 11 et 12 qui les avaient précédé, l'équipage restera en quarantaine, ce jusqu'au 26 février. Toutefois, après cette mission, les scientifiques de la NASA décideront qu'une mise en quarantaine des astronautes de retour de la lune n'est plus nécessaire.

 

 

Après l'échec de l'alunissage d'Apollo 13, celui d'Apollo 14 aurait pu se solder par un autre type de catastrophe beaucoup plus humiliante cette fois!!! Après la séparation du module lunaire Antarès, Schepard et Mitchell procédèrent à la descente vers Fra Mauro lorsque... le voyant jaune ''ABORT'' s'alluma sans l'intervention de quiconque. Ce fut la stupeur et l'incompréhension la plus totale. Houston prenant soin de confirmer que ce n’est pas un membre d'équipage qui l'ait actionné par erreur bien sûr et ce n'était pas le cas. Le centre de contrôle demanda aux deux astronautes de tapoter sur leur console et le voyant s'éteignit. Mais le problème ne s'en trouvant pas moins réglé pour autant! Le centre de contrôle s'empressa de réveiller un de ses spécialistes en problèmes informatiques! Ils disposaient de 47 minutes pour empêcher une éventuelle interruption de descente. Ce dernier retransmit une série de données à l'équipage qui s'exécuta à reprogrammer l'ordinateur du LEM qui devait être suivi d'une procédure pour l'initialisation de la descente en vue de l'alunissage qui eu lieu sans encombre.

 

 A la fin de la mission lunaire, Alan Shepard, commandant de bord, se prit à jouer au golf sur la Lune, au plus grand étonnement des contrôleurs de Houston. Pour ce faire, il avait emporté un véritable fer de golf qu'il fixa à l'extrémité du manche de son collecteur destiné à ramasser des échantillons. Il joua avec deux véritables balles de golf. Si le premier coup envoya une balle à seulement trente mètres, sa deuxième tentative fut plus chanceuse, mais on ne sut jamais à quelle distance fut envoyée la balle : deux cent mètres, quatre cent mètres, ou davantage. La controverse dura plusieurs années. Le coup médiatique fut en revanche désastreux pour la NASA : en effet, les détracteurs du programme Apollo purent tout à loisirs critiquer le coût engendré pour simplement envoyer un homme jouer au golf sur la Lune.

 

Première phrase du commandant Alan Shepard lorsqu'il posa le pied sur la Lune : "La route a été longue mais nous y sommes !". Shepard, en + d'avoir été le 1er Américain dans l'espace, est le seul du groupe "Mercury" à avoir marché sur la Lune. Il lui a fallu 10 ans de patience entre les 2 missions, qu'il mit à profit pour coacher les autres astronautes et se faire opérer d'un problème d'oreille interne justement consécutif à son 1er vol spatial.
Lors de la manoeuvre séparation 3è étage retournement arrimage au LEM, Stuart Roosa, pilote du MC, ne parvint à attraper le LEM "Antarès" qu'à la 3è reprise : les 2 fois précédentes, les crochets n'ont pas cliqué sur l'extrémité d'"Antarès" et aucun voyant ne s'était allumé. Il s'en est fallu de peu, déjà et une fois de +, qu'une mission Apollo soit encore annulée, et ils pensaient qu'une saleté avait coincé ces crochets. Mais Shepard ordonna à Roosa de réessayer, et il a bien fait puisque cette 3è tentative était la bonne.

 

Après quelques très vagues missions scientifiques qui ont pour objet principal de ramasser quelques pierres dans le bunker géant qu’est la Lune , Alan Shepard, qui restera aussi par ailleurs à jamais le cinquième homme à avoir marché sur la Lune , déclare, le 7 février 1971 face aux écrans de contrôle : « Houston, j’ai à la main un objet que des millions d’américains reconnaîtront, un fer 6 ! Je vais dropper une balle et jouer un peu !». Hélas, sa combinaison ne lui permet que de faire un mouvement à une seule main. Après un premier swing où la balle ne fait qu’un mètre ou deux, son copilote Ed Mitchell lui dit « topée » et lui conseille de prendre un peu moins de sable. Au deuxième essai, Haise, le « Cap Com » de Houston déclare : « c’est un slice, non ? ». Ce qui, précisons le tout de suite, est scientifiquement inexact car en absence d’atmosphère, la balle ne peut pas slicer. Mais bref, passons. Au troisième essai, la trajectoire de la balle est cette fois certes basse mais tendue. Alan Shepard, qui mourra en juillet 1998 d’une leucémie en restant à ce jour le seul golfeur lunaire, déclare alors « c’est un bon coup, elle vole sur des miles et des miles », ce qui est certainement exagéré tout de même ! Seules les images TV de l’époque montrent ce coup de golf. Il existerait cependant une photo dans les collections privées de la famille Shepard, prise par Mitchell avec l’appareil Hasselblad qu’avait emporté le commandant, qui aurait été publiée en 1994 dans un « composite » mais nous n’avons pas réussi à nous procurer ce cliché mythique. Quoiqu’il en soit, ce fer 6 de légende est exposé encore aujourd'hui au musée de l’U.S.G.A., l’association américaine de golf, à Far Hills dans le New Jersey (www.njskylands.com). On pourra aussi noter deux retombées assez inattendues de cet exploit extraterrestre : d’une part le « Royal & Ancient » envoya un télégramme de félicitations aux astronautes (et non pas cosmonautes ou spationautes, soyons précis) avec toutefois la réserve suivante : « vous avez négligé l’étiquette : un golfeur doit toujours effacer ses traces de pas dans un bunker » et d’autre part une pièce de théâtre, « Golf with Alan Shepard », fut mise en scène à Hollywood dans les années qui suivirent par Carter Lewis sur le thème suivant : la balle tapée à la surface de la Lune est elle jamais retombée ? Précision : cette pièce n’a eu aucun succès puisqu’elle n’est restée que deux semaines à l’affiche sur le strip.

 

Edgard Mitchell, pilote du module lunaire d'Apollo 14, était passionné par les recherches sur la perception extrasensorielle. Pendant son séjour sur la Lune, il a mené une expérience secrète et donc non autorisée avec un de ses amis qui se trouvait à Chicago. L'histoire ne dit pas quels en ont été les résultats.

 

Il semble en fait qu'il ait tenté cette expérience (se concentrer sur les symboles généralement utilisés dans les expériences de perception extrasensorielle : le cercle, le carré, les lignes ondulées, la croix, l'étoile, pendant que quatre personnes sur la Terre tentaient de percevoir les fruits de ses concentrations toutes les nuits) tout au long des voyages aller et retour vers la Lune, et ce à l'insu de ses deux compagnons de route (Source : Andrew Chaikin - A man on the Moon).

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 22:26
- Par elwood - Publié dans : espace

Première découverte d'une planète habitable hors du système solaire 

 

 

 

PARIS (AFP) - Une planète "de type terrestre habitable", capable d'abriter une vie extra-terrestre, a été détectée pour la première fois par une équipe d'astronomes dans un système planétaire extrasolaire, selon une étude à paraître jeudi dans la revue Astronomy and Astrophysics.

 

Cette exo planète, qui orbite autour de l’étoile Gliese 581 (Gl 581) à 20,5 années-lumière de notre planète, est la première et la plus légère des quelque 200 connues à ce jour à "posséder à la fois une surface solide ou liquide et une température proche de celle de la Terre ", selon ses découvreurs.

Simulation

 

Elle rassemble donc les caractéristiques "permettant d’imaginer l’existence d’une éventuelle vie extra-terrestre", a souligné dans un communiqué le Centre national de la Recherche scientifique (CNRS), dont trois laboratoires associés ont participé à la découverte, avec des chercheurs de l'Observatoire de Genève et du Centre d'astronomie de Lisbonne.

 

La température moyenne de cette "super Terre, est comprise entre 0 et 40 degrés Celsius, ce qui autorise la présence d'eau liquide à sa surface", selon le principal auteur de l'étude, Stéphane Udry (Genève).

 

Par ailleurs, a-t-il ajouté, "son rayon serait 1,5 fois celui de la Terre ", ce qui indiquerait "soit une constitution rocheuse (comme pour la Terre ), soit une surface couverte d'océans".

 

La gravité à sa surface est 2,2 fois celle à la surface de la Terre , et sa masse très faible (5 fois celle de la Terre ).

 

Découverte avec le télescope "Harps" de 3,6 m de l'Observatoire spatial européen (Eso) de la Silla , au Chili, cette planète orbite en 13 jours autour de l'étoile Gliese 581 (Gl 581), dont elle est 14 fois plus proche que la Terre ne l'est du Soleil.

 

Gl 581, une étoile naine rouge dont la masse est de moins du tiers de celle du Soleil, est une des 100 étoiles les plus proches de notre système solaire. De très faible masse, les naines rouges sont des cibles privilégiées pour la recherche de planètes habitables. En effet comme elles sont relativement peu lumineuses, leurs planètes habitables orbitent près d'elles et sont donc plus facilement détectables.

 

En raison de sa température et de sa relative proximité (de la Terre ), cette planète va devenir très probablement une cible très importante des futures missions spatiales consacrées à la vie extra-terrestre", a souligné un autre auteur de la découverte, Xavier Delfosse (Université de Grenoble).

 

Une première exo planète avait été détectée autour de Gl 581 par la même équipe d'astronomes il y a deux ans. Sa masse - 15 fois celle de la Terre - était comparable à celle de Neptune et elle orbite autour de son étoile en 5,4 jours.

 

Les découvreurs de la "super Terre" ont également observé une troisième planète autour de Gl 581. D'une masse huit fois supérieure à la Terre , celle-ci réalise son orbite en 84 jours.

 

Etant donné les résultats obtenus jusqu'à présent avec l'instrument Harps (High Accuracy Radial Velocity for Planetary Searcher), "trouver une planète de la masse de la Terre autour d'une naine rouge est à portée de la main", estime enfin un autre auteur de l'étude, Michel Mayor.

 

 

 

ESO (Informations de l'Observatoire spatial européen (en anglais) )

 

CNRS (Informations du Centre national français de la recherche scientifique)

 

 

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Jeudi 26 avril 2007 4 26 /04 /2007 14:01
- Par elwood - Publié dans : espace

Apollo 13

 

 

17 Avril 1970

Lancés le 11 avril 1970, les 3 rescapés de la mission "Apollo XIII" ont amerri sains et saufs dans l'Océan Pacifique. C'est la fin d'un terrible suspens qui a transformé l'échec d'une mission scientifique en un exploit humain. C'était pourtant un vol "de routine" (qui n'intéressait même plus les médias) pour les trois astronautes américains: 

J. Lovell, Fred W. Haise et John L. Swigert. Mais l'explosion soudaine d'un réservoir d'oxygène le 13 avril à près de 300.000 kms de la Terre a transformé leur voyage en cauchemar, obligeant les trois hommes à se réfugier dans le LEM "Aquarius" qui va devenir, en quelque sorte, leur canot de sauvetage.
Commençait alors un périlleux retour qui a tenu le Monde entier en haleine : après avoir allumé le moteur de descente du LM pour reprendre une trajectoire de retour libre (c'est à dire, au cas présent, faire le tour de la Lune et profiter de l'impulsion pour revenir), l'équipage doit mettre en oeuvre un plan de rationnement drastique de l'électricité et de l'eau, car le LM n'est pas prévu, théoriquement, pour subvenir aux besoins de trois hommes pendant quatre jours. La moindre défaillance du vaisseau ou la moindre erreur des techniciens du centre spatial de Houston pouvait se révéler fatale.

Après de nombreuses péripéties, le plus fantastique sauvetage de l'histoire s'est heureusement bien terminé. La capsule amerrit sans encombre dans l'Océan Pacifique, près des îles Samoa le 17 avril à 13 h 07 (heure de la côte Est des Etats-Unis).
On déterminera que l'explosion a été la conséquence d'une suite d'événements provoquant l'inflammation de l'isolant d'un fil électrique dans l'un des réservoirs d'oxygène liquide du CSM (le numéro 2, cf. ci-dessous les causes de l'explosion). Cette inflammation a eu lieu alors qu'un ventilateur auquel le fil était connecté se mettait en route pour agiter l'oxygène liquide à l'intérieur du réservoir.

Le terme "d'échec réussi" fait son apparition : échec de la mission lunaire (d'un coût de 375 millions de dollars), réussite car l'équipage a pu être récupéré sain et sauf.

Le président Nixon a déclaré que cet accident ne provoquerait pas de suspension du programme spatial américain. Néanmoins, il faudra attendre plus de huit mois pour que la NASA se décide à renvoyer une mission lunaire, après avoir tiré les leçons de la défaillance survenue.

Pendant leur périlleux retour sur Terre, peu avant leur rentrée dans l'atmosphère, l'astronaute Jack Swigert a été obsédé par un véritable scénario de cauchemar. Il se voyait dans le module de commande, actionnant par erreur le bouton nommé "LARG LEM" (largage du module lunaire) alors que ses compatriotes s'y trouvaient toujours (en lieu et place du largage du module de service -bouton nommé "LARG SM"- devenu inutile). Dans son cauchemar, Swigert entendait le déclic sourd des douze courroies arrimant Aquarius qui se détachaient. En bas, par la nouvelle issue béante, il voyait Lovell et Haise flotter dans le LEM qui le regardaient avec horreur et incompréhension. La dernière image qui parvenait à l'astronaute à l'agonie, avant que le reste de l'oxygène respirable ne se fut déversé dans l'espace était la danse du module lunaire qui s'éloignait rapidement. Pour être sur de ne pas se tromper le moment venu, il scotcha un bout de papier avec le mot "NO" (NON) sur le bouton "LARG LEM". Enfin, pour être vraiment sûr de ne pas avoir commis d'erreur, il appela même Haise et lui demanda de regarder le bout de papier. Un peu étonné, Haise confirma que oui, il était placé au bon endroit.

17 avril 1970 : sachant les astronautes d'Apollo 13 sains et saufs à bord du porte-hélicoptères "Iwo-Jima", la société Grumann de Bethpage (fabricant du LM) adresse à la société North American Rockwell de Downey (fabricant des modules de commande et de service) une facture (n° 70-417) d'un montant de 417.421,74 $ pour frais de remorquage dans l'espace, fournitures diverses (oxygène, électricité) et hébergement de trois personnes. La farce n'a, semble-t-il, pas été du goût des dirigeants de North American Rockwell.

Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de la NASA n'espéraient sans doute plus la revoir et qu'ils pourraient venir la regarder dans son bureau quand ils le voudraient). Cette plaque figure maintenant en bonne place au domicile personnel de Lovell.

Les passionnés du programme Apollo connaissent sans aucun doute le film de Ron Howard, "Apollo 13" (avec Tom Hanks, Kevin Beacon, Ed Harris, Gary Sinise, pour ne citer que les acteurs principaux). Mais peut-être ne savent-ils pas tous que Jim Lovell lui-même y tient un petit rôle : c'est le commandant du porte-hélicoptère Iwo Jima (chargé de la récupération de la capsule) que l'acteur Tom Hanks (dans le rôle de Jim Lovell) salue à la fin du film.

 

 

l'explosion 
17 avril 1970 : à la NASA on respire, après avoir craint le pire pour les trois hommes de la mission Apollo 13. La capsule spatiale amerrissait avec, à son bord, des astronautes frigorifiés, amaigris et fatigués mais des astronautes en vie. Il appartenait maintenant à la NASA de se pencher sur les raisons exactes de l'explosion du réservoir d'oxygène n° 2, car même si la mission avait été qualifiée "d'échec réussi", pas question de renvoyer des hommes dans l'espace sans être sûr de la fiabilité de tous les systèmes.

 Voici les conclusions de la commission qui a enquêté sur les causes de l'explosion du réservoir d'oxygène du module de service d'Apollo 13. Pour ce faire, elle reconstitua la longue histoire de la construction de ce réservoir, grâce aux documents relatifs aux différents contrôles qualité conservés par le constructeur et la NASA (depuis le jour de sa conception sur le papier jusqu'à celui du décollage de la rampe de lancement). Comme bien souvent dans le domaine aéronautique, il s'est avéré que l'explosion n'a pas été le fait d'une anomalie unique mais bien d'une succession de défaillances et incidents qui a abouti au résultat que l'on sait :

 1. le réservoir en cause a été construit en 1965 par la Beech Aircraft de Boulder dans le Colorado. Les réservoirs d'oxygène (comme ceux d'hydrogène) devaient être équipés de divers systèmes de sécurité (ventilateurs, thermomètres, détecteurs de pression, thermostats et dispositifs de réchauffement) en raison de l'instabilité des substances contenues. Tous ces équipements doivent résister à l'immersion au sein de substances à très basse température dans les réservoirs. Le réseau électrique d'un vaisseau Apollo était alimenté par un courant à 28 Volts, fourni par les trois piles à combustible du module de service. Parmi tous les équipements contenus à l'intérieur des réservoirs cryogéniques, c'est le dispositif de réchauffement qui demandait le plus de surveillance ; en effet, la température de l'hydrogène et de l'oxygène devait être stabilisée aux alentours de - 170° Celsius, température assez basse pour les garder à un état mi-liquide, mi-gazeux (un peu comme de la neige fondue), mais assez élevée pour permettre leur écoulement et leur évaporation dans les canalisations qui alimentaient les piles à combustible ainsi que l'atmosphère de la cabine. Il arrivait parfois qu'il n'y ait pas assez de pression pour que le gaz circule normalement dans les conduites, aussi il suffisait de faire monter sa température, ce qui avait pour effet de vaporiser une partie du fluide et faisait ainsi monter la pression interne au niveau voulu. Pour réduire le danger d'explosion (car plonger une résistance électrique dans un réservoir d'oxygène est plutôt risqué) on avait muni le dispositif de réchauffement de thermostats qui coupaient l'alimentation des résistances dès que la température du réservoir montait trop (le standard avait été fixé à + 26° C). Quand les résistances fonctionnaient, les rupteurs des thermostats restaient fermés pour permettre au circuit électrique de réchauffement de faire son travail ; au delà de 26° C, deux petits contacts sur le thermostat se séparaient, coupant le réchauffement. Bien entendu ces rupteurs étaient compatibles avec la tension électrique de bord, soit 28 Volts. Toutefois, comme la NASA utilisait (au sol) des générateurs de 65 Volts pour les tests préalables sur la rampe de lancement pendant les semaines précédant le décollage, il avait été décidé d'installer des appareils électriques susceptibles de supporter ce nouveau voltage. On modifia donc le voltage de tous les équipements contenus dans les réservoirs cryogéniques, mais inexplicablement les ingénieurs omirent de changer le voltage des rupteurs des thermostats, et malgré tous les contrôles, ni le fabricant, ni les contrôleurs qualité de la NASA ne décelèrent l'erreur.

 2. les futurs réservoirs d'Apollo 13 ont été expédiés en mars 1968 (avec les rupteurs calibrés à 28 Volts) à l'usine North American de Downey en Californie pour être installés sur un support métallique puis montés initialement sur le module de service d'Apollo 10. Mais il fut décidé ultérieurement de les démonter et de les remplacer par de nouveaux réservoirs cryogéniques à la conception améliorée (le but étant de modifier aussi les anciens réservoirs en les adaptant au nouveau standard). Au cours du démontage de ce qui allait devenir plus tard le réservoir d'oxygène n° 2 d'Apollo 13, les techniciens oublièrent d'enlever un des boulons de fixation du cadre-support, ce qui fait que la grue utilisée pour cette opération glissa au moment du levage, faisant violemment retomber le cadre (avec ses réservoirs) par terre. Après un démontage correct et une vérification des réservoirs qui ne releva aucune anomalie, la NASA décida (après modification aux nouvelles normes) de les utiliser pour la mission Apollo 13.

 3. deux semaines avant le lancement de la mission Apollo 13, il a été exécuté au sol, comme pour toute mission Apollo, un test dit du "compte à rebours" (dans le but de permettre à l'équipage ainsi qu'aux équipes au sol de répéter l'ensemble des étapes jusqu'à l'allumage effectif de la fusée Saturn). C'était une répétition assez proche de la réalité, puisque qu'on mettait entre autre les réservoirs cryogéniques sous pression. A la fin de cette simulation, tous les réservoirs étaient bien entendu vidangés. Tout s'était bien passé pour les deux réservoirs d'hydrogène ainsi que le réservoir d'oxygène n° 1. Mais le réservoir d'oxygène n° 2 ne laissa sortir que 8% des 160 litres contenus avant de se bloquer. Les ingénieurs en conclurent que ce réservoir avait du subir des dommages au cours de la chute du cadre-support au moment du démontage précédemment effectué (cf. 2.) : l'un des conduits de drainage avait été partiellement écrasé, expliquant ainsi que l'oxygène ne pouvait plus être vidangé. Mais au lieu de procéder au changement complet du réservoir (ce qui aurait retardé le lancement prévu d'au moins un mois), la NASA décida tout de même d'utiliser ce réservoir, puisque le conduit de drainage partiellement détérioré n'est utilisé que pendant les opérations au sol et jamais dans l'espace. Pour forcer la vidange de l'oxygène du réservoir toujours rempli, un technicien suggéra d'utiliser le dispositif de réchauffement, l'allumage des résistances permettant alors à l'oxygène "réchauffé" de s'évacuer par la conduite de vidange. Et c'est ainsi que l'on décida de chauffer le réservoir n° 2 pendant 8 heures, ce qui ne devait pas poser de problème puisque qu'on comptait sur le thermostat (réglé à + 26° C) pour arrêter automatiquement l'opération. Mais les rupteurs du thermostat (réglés pour un courant de 28 Volts, cf. 1.) ne supportèrent pas les 65 Volts utilisés par la NASA au sol et, au moment de la température critique (+ 26° C), ceux-ci fusionnèrent au lieu de s'écarter. Le chauffage du réservoir a donc continué (on pense que la température interne du réservoir a du monter aux alentours de 600 ° C), mais sans que personne ne s'en rende compte : en effet, sur les panneaux de commande, il n'y avait pas de graduation supérieure à 26°, puisqu'il s'agissait de la limite supérieure théorique de la résistance). Cette température effective de près de 600° a fait fondre l'essentiel de l'isolation de Téflon qui protégeait le câblage électrique à l'intérieur du réservoir : des fils électriques dénudés parcouraient maintenant le réservoir vide, qui allaient être plongés dans une des substances les plus inflammables qui soit : l'oxygène pur.

Tous les éléments étaient en place pour ce qui a failli devenir une tragédie : dix-sept jours plus tard et à 350.000 kilomètres de la Terre , lorsque l'astronaute Jack Swigert a effectué une manoeuvre de routine (le brassage des réservoirs) une étincelle a du jaillir d'un fil à nu, enflammant des restes de Téflon et ce fut l'explosion : les 130 litres d'oxygène encore contenus dans le réservoir n° 2 se vaporisèrent instantanément en soufflant le panneau extérieur et en provoquant ce bruit d'explosion qui terrorisa l'équipage.

Au moment de la rentrée dans l'atmosphère et avant de se séparer définitivement du LM qui leur avait permis de survivre pendant presque quatre jours, chaque astronaute a pris quelques objets à titre de souvenirs. Pour sa part, Jim Lovell a notamment ramené la plaque qu'Haise et lui auraient dû fixer sur le pied du LM avant d'entamer leur exploration lunaire (il s'est encore pris à penser que les ouvriers de l'atelier d'usinage de la NASA n'espéraient sans doute plus la revoir et qu'ils pourraient venir la regarder dans son bureau quand ils le voudraient). Cette plaque figure maintenant en bonne place au domicile personnel de Lovell

Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus